LA MONTAGNE PELEE

04/04/2022 0 Par Loryanne Beyond the Beach

LA BEAUTE DU DIABLE

Montagne sacrée mais aussi montagne source de vie…  Les relations qu’ont entretenues et entretiennent les Martiniquais avec leur volcan sont complexes. A découvrir lors d’une randonnée à couper le souffle, dans tous les sens du terme !

LE RHUM DE TOUS LES RECORDS 

Premier rhum exporté vers la vieille Europe, Saint-James entre très vite dans la mémoire collective mondiale comme l’une des marques les plus remarquées et remarquables de l’histoire compulsées dans le Larousse des marques du siècle aux côtés de Ferrari, Coca-Cola, Nestlé… Et c’est donc logiquement, du fait du soin porté à chaque étape de la production par les équipes de la société Saint-James, que les distinctions et récompenses accompagnent le parcours d’un produit recherché et apprécié. Deux prix d’excellence couronnent la régularité qualitative des rhums produits. En 1996, l’AOC Martinique couronne l’action entreprise sur la production de rhum agricole de la Martinique. Le rhum hors d’âge de Saint-James remporte à lui seul huit récompenses obtenues au cours des sept dernières années… Marc, Sassier responsable de production des rhums Saint-James est même élu en 2017 président de l’AOC Martinique.

UNE MARQUE TOURISTIQUE INCONTOURNABLE 

Dans l’état d’esprit qui anime depuis toujours les équipes, on innove toujours chez Saint-James ! Ainsi, en matière de « spiritourisme », la distillerie sera-t-elle la première à ouvrir ses portes aux touristes de passage intéressés par l’un des fleurons de l’île. S’ensuivra la création de la fête du Rhum puis du musée du Rhum en 1980 et de la Maison de la distillation. On parcourt aujourd’hui l’exploitation à bord d’un train vapeur, comme jadis, afin de découvrir la richesse de ce terroir nourricier, le patrimoine précieux et l’importance de cette distillerie singulière à plus d’un titre. Pas étonnant, dès lors, qu’une autre distinction vienne saluer le travail accompli et l’action en cours, celle de médaille d’or du tourisme délivrée à Jules-Michel Fayad, directeur de la communication de Saint-James. Les pionniers perpétuent ainsi la légende…                                                       

ENTRE MER ET VOLCAN                                                                                                                                                                                          Ville inscrite au Patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, Saint-Pierre, ouverte sur la mer et marquée par l’éruption de la montagne Pelée en 1902, s’étire le long du rivage.

Il y a des jours où la Pelée, comme on l’appelle familièrement, consent à se débarrasser de son capuchon de nuages. Alors, là, ça « bouchonne » sur le sentier de l’Aileron, qui est le chemin le plus fréquenté pour se hisser jusqu’au sommet du volcan. Au menu : des « escaliers », des « escaliers » et encore des « escaliers », pour Petit Poucet ou géant, aménagés par l’homme ou improvisés dans les rochers. Il faut souvent s’aider des mains pour progresser au milieu d’une végétation touffue, ramassée, malmenée par les vents, la nébulosité et les sautes de température. La Pelée n’est pas une tendre.

« C’EST TOUT PRES DOUDOU »

On y frôle le drame, pour de simples malaises (insolation ? déshydratation ?) qui nécessitent l’intervention, acrobatique, des pompiers. Le cocasse s’invite aussi dans l’ascension. « Respirez, respirez », ordonne toutes les cinq minutes cette monitrice d’une colonie de vacances à sa petite troupe, en rangs par deux. « C’est tout près doudou », susurre ce jeune homme à sa chérie. Mais à la borne n°10 (le sentier est hyperbalisé), sa doudou a bien vu qu’il restait officiellement 50 minutes de grimpette sur les 2h30 annoncées. Scène de ménage en perspective… Et puis, il y a cette jeune Martiniquaise, prostrée sur une pierre. Epuisée, ruisselante, elle résume ce qu’elle vient de vivre avec son compagnon : « C’est l’horreur » Mais ses étoiles dans les yeux et le sourire qui revient démentent ce propos brutal. Nous sommes à la côte 1 245, où il vous faut choisir après la pause offerte sur le plateau des Palmistes. En resterez-vous là, comme la majorité des randonneurs ? Irez-vous jusqu’au « troisième refuge », via le « dôme de 1902 » (1364m), voir jusqu’au chinois (1397m), surnom attribué au chapeau qui coiffe le dôme de 1929 ? Il y a de quoi hésiter : vous devez plonger par un raidillon vertigineux au fond de la caldeira (cratère) pour affronter aussi sec une pente drue. Sur ce premier cône, l’itinéraire relève quasiment de l’escalade. Jamais l’expression « suer sang et eau » n’aura paru aussi appropriée. Le final vers le « Chinois » dans un chaos de bloc de lave est tout aussi éprouvant.

COMME LE LAIT SUR LE FEU 

Bien qu’aucune éruption n’ait eu lieu depuis 1932, la Pelée est considérée comme un volcan actif étroitement surveillé.

« ACCEDER AU SOMMET EST UN PRIVILEGE QUI N’EST PAS A LA PORTEEDE TOUS, LE VERTIGE PEUT VOUS SAISIR » 

UN CACHOT PROTECTEUR

L’éruption de 1902 fit 30 000 morts. On compte également deux rescapés, dont Louis-Auguste Cyparis. Son cachot l’a protégé.

« ON EN PARLE COMME D’UNE FEMME CAPRICIEUSE, ELLE NE SE LAISSE PAS DECOUVRIR FACILEMENT » 

DENSE VEGETATION 

Classée réserve biologique intégrale, la montagne Pelée abrite de nombreuses espèces endémiques, rares ou protégées.

LA MARTINIQUE A SES PIEDS

Avoir toute la Martinique à ses pieds est à ce prix. Là-haut, par temps clair, la vue à 360° est prodigieuse. Même la silhouette de la Dominique se dessine au loin. « Pour beaucoup, la Pelée est un rêve. Accéder au sommet n’est pas à la portée de tous. Le vertige peut vous saisir. C’est comme si on était au bout du monde. Voir la Pelée sous un ciel bien dégagé reste aussi un privilège que peu de randonneurs connaissent », reconnaît Patrick Voltine du Comité de la randonnée pédestre de la Martinique. Ajoutant : « Oui, on en parle comme d’une femme. Capricieuse, elle ne se laisse pas découvrir facilement. » Même plus peur ! La Pelée n’est plus cette déesse du feu à qui les Indiens Caraïbes auraient offert des sacrifices humains. Elle n’est plus ce monstre qui a rayé de la carte, en 1902, toute une ville, Saint-Pierre. Le 8 mai exactement, jour de l’Ascension, à 8h02, « le petit Paris des Antilles », qui était la capitale culturelle et économique de la Martinique, a été enseveli sous des nuées ardentes, un mélange à haute température de gaz, de cendres et de pierres galopant à une allure folle (300 à 500km/h). L’éruption fit 28 000 morts et deux seuls rescapés, dont le fameux Louis-Auguste Cyparis (1874-1929), qui purgeait une peine de prison pour une simple rixe d’ivrogne. « Non les Pierrotains (nom des habitants de Saint-Pierre) n’ont pas peur. La montagne Pelée fait partie de leur environnement familier. Ils n’y prêtent pas plus d’attentions que cela », confirme le maire de Saint-Pierre, Christian Rapha. Il est vrai que la Pelée est constamment sous très haute surveillance, celle d’un observatoire volcanologique et sismologique, avec sa batterie de sismomètres, d’accéléromètres et de GPS. La Martinique a appris à vivre avec son volcan, et même à en vivre. Avec plus de 6 mètres de précipitations à l’année, la Pelée est un château d’eau, où sources et captages participent à l’alimentation en eau potable de toute l’île. Fertiles, les terres volcaniques se prêtent aux cultures, banane et canne à sucre. Andésites et tufs de la Pelée fournissent aussi des matériaux de construction très appréciés. Rien qu’à Saint-Pierre, on compte trois sites d’extraction.

« ON ESTIME QUE 20 A 30% DES ESPECES ENDEMIQUES AUX PETITES ANTILLES SONT PRESENTES SUR LA MONTAGNE »

ET LA FORCE DE LA NATURE 

Enfin, pour le visiteur, la Pelée est une « attraction » majeure, y compris pour les amateurs de tourisme vert. Depuis, 2007, cette « savane d’altitude » est une réserve biologique intégrale. « On estime que 20 à 30% des espèces endémiques aux Petites Antilles sont présentes sur la Montagne », précise Rodrigue Doré, référent pour la Réserve. Parmi elles, le lycopode, très prisé un temps par les Martiniquais comme arbre de Noël ! Mais le plateau des Palmistes ne compte plus de Palmistes. Dans le secteur, au-delà de 1000 mètres, venteux et humide, on peut se rabattre sur les fougères arborescentes, l’ananas rouge aux fleurs ébouriffées, le fuchsia montagne et ses clochettes… Dans ce fouillis végétal, on fait quelques rencontres plaisante : un anolis roquet (un lézard d’une vingtaine de centimètres) qui flemmarde, un colibri à tête bleue qui vibrionne en faisant un hallucinant sur-place… Mais il n’y a qu’un poète, Aimé Césaire, pour restituer à la Pelée toute sa magie te sa beauté du diable. Relisez Dorsale bossale où il évoque ces « volcans fous », ces « volcans ivres qui partent à la dérive », ces « volcans qui se voilent la face toujours dans les nuages » … 

DECOUVRIR LES SCIENCES DE LA TERRE 

Un long monolithe, perché sur des piliers parasismiques… A Saint-Pierre, le Centre de découverte des sciences de la terre s’enrobe dans une architecture époustouflante, signée Bernard Leclerq, Louis Grandgeorge et Nicolas Roustang. Au pied de la montagne Pelée, ce « bâtiment-monument » lui est en grande partie dédié. Vous y trouverez des panneaux didactiques et surtout un documentaire émouvant. Dans les Volcans des Antilles (52 min), la tragédie de 1902 apparaît dans toute son horreur : monuments balayés, cors gris pétrifiés et recroquevillés. Tandis que s’inscrit sur l’horizon une curieuse aiguille, qui finira par s’écrouler de ses 349 mètres de haut dans l’été 1903.

PELEE MODE D’EMPLOI

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Partez tôt avec de bonnes chaussures, chapeau ou casquette, vêtement type K-Way ; emportez 2 litres d’eau par personne et de la nourriture.

Les 3 sentiers

  • Le plus emprunté : celui de l’Aileron, qui part d’Ajoupa-Bouillon/Le Morne-Rouge (à l’est). 4,7 km et 575m de dénivelé. Parking et snack au 1er refuge.
  • Le plus court : celui de la Grande Savane, qui part du Prêcheur (à l’ouest) au bout d’une route étroite et sinueuse (5km), dont l’accès peut être interdit. 1,5km et 476m de dénivelé pour arriver à la caldeira.
  • Le plus long et le plus sportif, au nord : celui du Morne Macouba, départ près de l’habitation Beauséjour à Grand Rivière (7,6km et 1170m de dénivelé) ou de Désiles/Macouba (8km et 1220m de dénivelé), les deux chemins se rejoignant.

Source: Destination MARTINIQUE

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